G B B, trois lettres que l’on utilise généralement pour désigner les répliques d’arme de poing et qui fonctionnent au Green Gas ou au CO2. Ce genre de répliques ne date pas d’hier et pourtant la mécanique qu’on leurs connait de nos jours n’est pas si vieille que ça. Et si on en est là aujourd’hui c’est grâce à quelques modèles qui ont été pionniers et ont façonné l’interne des GBB moderne. Aujourd’hui on va découvrir les deux sans qui, selon moi, rien de tout ça ne serait arrivé : le Glock 17 MGC et le M92FS Western Arms.

C’est aussi pour moi l’occasion de lancer un nouvelle série d’articles pour revenir aux sources de chaque catégorie de répliques et comprendre comment on en est arrivé à ce qu’on peut trouver sur le marché aujourd’hui : ici pas de nostalgie, les répliques et systèmes étudiés sont dépassés c’est un fait. Cependant il me parait intéressant de les disséquer pour comprendre l’évolution qui a eu lieu et éviter que tout ça tombe dans l’oubli. C’est aussi un moyen de voir que même si les performances et les technologies utilisées ont bien évolués, le principe derrière la mécanique de tous ces systèmes est toujours le même.

La naissance des GBB

J’ai déjà abordé le sujet de la création du segment des GBB dans mon long article sur l’airsoft au Japon donc on va pas s’éterniser là-dessus mais, histoire de se remettre dans le contexte, on va revenir rapidement sur quelques éléments clés.

Avant les GBB, la plupart des répliques d’armes de poing dédiées à l’airsoft étaient des spring. Ici ni gaz ni blowback, ces lanceurs à réarmement manuel utilisaient plutôt des fausses cartouches à l’instar des Model Guns, leurs homologues inertes dédiés à la collection, et il faudra attendre le Colt Mk4 70′ de chez Kokusai pour voir arriver une rampe de bille dans le chargeur, enfin sous forme de tube dans un premier temps.

Les années 80 voient l’arrivée de la première réplique NBB, gaz non-blowback, avec le 93R MGC dont la première génération fonctionnait à l’air comprimé avant de passer au fréon (oui oui du fréon). Le premier GBB sera proposé par Tokyo Marui avec son M59 et son fonctionnementparticulier ? Je l’ai déjà détaillé dans la section GBB de mon pavé sur l’airsoft au Japon donc on va enchainer.

Tanaka Works sortira en 1989 son 1911-A1 GBB qui a un fonctionnement déjà plus conventionnel avant d’être éclipsé par la sortie en 1991 du Glock 17 MGC qui va véritablement poser les GBB comme des répliques réalistes, performantes et jouables !

Mais fin ’93, un acteur du nom de Western Arms vient rebattre les cartes en apportant un changement majeur sur la conception des GBB : le placement du cylindre ! Il vont être suivis (et copiés) par de nombreux fabricants et notamment Tokyo Marui et KSC Corporation qui vont à eux deux grandement populariser le système au Japon mais aussi à travers le monde.

Glock 17 MGC, le pionnier

Le voici donc ce Glock 17 GBB MGC, tout de plastique vêtu et dans sa boite d’époque ! Bon il manque quelques accessoires (ou juste les billes me semble) mais il y a le manuel et un magnifique BB Loader original !

Ce Glock 17 MGC est donc sorti en avril 1991 et a, au moment où j’écris cet article, bientôt 35 ans ! Il est plus vieux que moi de quelques années ce machin. Il était proposé à 13800¥ prix fabricant à cette époque-là et à marqué son temps. Bon on va vite regarder ce que donne l’externe de la réplique avant de ce qui nous intéresse vraiment : ses entrailles.

50 nuances de plastique

Une chose est sûre, il fait son âge : le plastique, bien que n’étant pas au niveau des pistolets de fête foraine, accuse le poids des années et ce particulièrement au niveau de la culasse mais en même temps on en a fait des progrès en la matière depuis. Les marquages ne sont pas très fins du côté gauche de cette dernière quand au côté droit ils sont purement fantaisistes. La fausse chambre bien qu’en métal, n’est elle non plus pas très jolie, en tout cas pas selon nos standards actuels. L’extracteur est moulé dans la culasse mais bon ça ne surprendra personne. Le canon externe est, pour ne pas changer, en plastique et celui utilisé me donne cette fois-ci un sentiment de jouet de fête foraine. D’ailleurs autre manquement au réalisme, le canon externe dépasse un peu trop de la culasse, pourquoi ? Aucune idée.

La frame quand à elle n’est pas pire. Le plastique semble déjà bien plus qualitatif, la texture du grip est bonne mention spéciale pour celles des deux côté du grip qui sont faites dans un plastique caoutchouteux qui seront ensuite collées dans des renfoncements sur la poignée (pour des raisons évidentes je ne vais pas les démonter, en tout cas pas dans l’immédiat). Par contre la détente est un grief de plus pour moi : même si le plastique choisi ne semble pas fragile, sa texture et son rendu ne sont pas ce qu’il y a de plus convainquant. Le reste des contrôles sont corrects avec un bouton d’éjection de chargeur en plastique et un arrêtoir de culasse en métal.

Le chargeur est… vachement cool, il est plutôt réaliste en dehors du marquage MGC imitation Glock. Pas de fenêtre pour le garnissage ou voir combien de billes il reste, c’est donc pour cette raison qu’un BB Loader était fourni. Le plastique choisi est correct, le poids semble correspondre à celui à vide d’un véritable chargeur de Glock (en tout cas dans mes souvenirs). Le réservoir de gaz et sa valve de remplissage sont cachés sous le talon amovible, par contre je peine à pousser le bouton qui le maintient en place sans outil.

Pour terminer avec le chargeur, il n’est absolument pas compatible avec ceux de GBB Tokyo Marui ou similaires, est-ce une surprise ? Pas vraiment. Je voulais le démonter pour voir comment il était conçu mais retirer l’interne de la coque s’est avéré plus compliqué que prévu sans que ce soit de manière « définitive » (tout casser quoi) ce qui serait dommage n’ayant pu tirer avec pour le moment.

Un NBB amélioré

Pour ce Glock 17 Gas Blowback, MGC est parti sur un nouveau design qui ne ressemble en rien à ce qu’il y avait sur ses précédents modèles. Enfin je parle de MGC mais la personne qui a eu rôle majeur dans la création et la conception de cette réplique n’est nul autre que Tazō Kobayashi que vous devez mieux connaître sous le nom de Tanio Koba !

Ce bon Tazō est donc parti de zéro, a étudié le fonctionnement du véritable Glock 17 et s’est inspiré de la mécanique des répliques longues à air comprimé de la marque pour la conception du cylindre. Le fonctionnement du cycle du Glock MGC s’articule autour de 6 ensembles :

  • La culasse
  • Le ressort
  • Le canon interne/externe
  • La fausse chambre (appelé chamber cover par MGC)
  • Le bloc détente (chamber block)
  • L’ensemble cylindre/percuteur (cylinder block)

La culasse est plutôt simple et trois aspects sont importants dessus : les « rails » pour guider le cycle, un moulage sur le côté droit de la culasse (au niveau du percuteur) qui va appuyer sur la tringlerie de détente et désengager le percuteur et enfin la tige guide du cylindre à l’arrière. Il y a aussi l’encoche pour bloquer la culasse en position arrière une fois le chargeur vide mais ce n’est pas essentiel au fonctionnement. Côté ressort de rappel, rien de particulier à noter.

L’ensemble canon interne/externe va être essentiel pour tirer la bille, évidemment, mais va aussi jouer le rôle de guide pour la fausse chambre qui va avoir un mouvement rectiligne (mais on va y revenir). Cet ensemble va venir s’insérer dans un joint au niveau du bloc détente pour assurer l’étanchéité entre les deux ensembles. Ne vous y méprenez pas, il ne s’agit pas d’un joint Hop-Up l’intérieur du joint ne présente aucune patte d’appui, la technologie est arrivée des années plus tard.

La fausse chambre est plus importante que ce à quoi on pourrait s’attendre. La tige à l’arrière va initier le mouvement de recul en poussant le nozzle tandis que le ressort à l’avant permet d’amortir la culasse quand elle arrive en butée arrière.

Le bloc détente/chamber block va accueillir… le mécanisme de la détente oui c’est dans son nom bien vu. On y trouve aussi le système de sécurité/démontage : en baissant l’interrupteur (ou slide lock) on va activer la sécurité qui va bloquer la détente mais aussi baisser une pièce qui permettra de reculer la culasse pour pouvoir la démonter. On l’a vu précédemment, c’est sur ce module que se trouve l’emplacement du joint dans lequel va venir se loger l’ensemble canon interne/externe. Enfin on trouvera un renfoncement sur le côté gauche où se positionner l’arrêtoir de culasse et son ressort.

Et enfin la pièce la plus importante et la plus compliquée : l’ensemble cylindre/percuteur. Le percuteur n’a rien de bien méchant, il est tiré vers l’avant par la tringlerie quand on appuie sur la détente et revient en place une fois la tringlerie déconnectée ou la détente relâchée.

Jusqu’ici on avait rien de bien complexe niveau fonctionnement mais pour le cylindre, je ne sais pas comment Monsieur Kobayashi a trouvé ça mais c’est pas un génie de l’airsoft pour rien. Ce que j’appelle le cylindre est en fait composé de différents éléments : le cylindre en lui même, un piston et un nozzle. L’extérieur du cylindre est usiné pour accueillir le chargeur et un orifice se situe au niveau du gaz route (le joint d’où sort le gaz) du chargeur, deux autres orifices sont situés sur les côtés un peu plus en avant pour évacuer le surplus de gaz. Le piston est la plus longue pièce du lot et a trois positions dans le cylindre : complètement en avant, complètement en arrière et enfin une position intermédiaire. Sur la partie avant du piston vient se glisser le nozzle qui est biseauté sur l’arrière pour guider le gaz qui pénètre la chambre du cylindre. Le nozzle va aussi être en contact avec la tige de la chambre : il va être poussé par la tige quand la culasse recule et va lui-même pousser cette dernière quand elle revient en avant.

Bon ça c’est pour le détail de chaque élément mais comment ça marche concrètement, à mon sens on peut découper un cycle en 4 temps :

  1. Lorsqu’on presse la détente, le percuteur vient appuyer sur la valve du chargeur, le gaz libéré pénètre le cylindre et vient pousser le piston en arrière, le nozzle lui ne bouge pas car maintenu en avant à cause de son biseau
  2. La culasse arrive en butée sur la chambre et entraîne l’ensemble chambre/nozzle vers l’arrière. À ce moment-là il y a assez d’espace entre le nozzle et le bout du piston pour que du gaz vienne propulser la bille chambrée
  3. La culasse arrive en butée arrière, une excroissance sur le côté intérieur droit de la culasse vient appuyer sur la tringlerie de détente ce qui la déconnecte du percuteur qui revient dans sa position initiale et coupe l’alimentation en gaz. Le ressort de rappel ramène l’ensemble de la culasse vers l’avant
  4. La culasse est de retour en position initiale. En revenant vers l’avant le nozzle a chambré une bille. La réplique est prête à tirer de nouveau

De par le fonctionnement de ce GBB, la détente du Glock MGC est très particulière et n’est semblable à rien de ce que j’ai pu manipuler jusqu’ici : qu’il s’agisse d’une réplique de Glock pour l’airsoft ou même d’un véritable modèle de la firme autrichienne. Et le moins que je puisse dire c’est que le ressenti n’est pas vraiment agréable : on a une première course très courte le temps que la tringlerie vienne se mettre en contact sur le percuteur, s’ensuit une deuxième course un peu plus longue où on va littéralement tirer le percuteur vers l’avant et en plus de la résistance du ressort de la détente vient s’ajouter celle du ressort du percuteur. La fin de course n’est pas vraiment franche non plus. D’ailleurs il vaut mieux maintenir la détente enfoncée lors du cycle de la culasse, si on la relâche avant la déconnexion de la tringlerie on risque de fermer prématurément l’alimentation en gaz.

On va terminer avec l’opération de démontage/remontage partiel parce que là aussi y a des trucs à dire. Pour démonter ce Glock 17 MGC, il va falloir commencer par abaisser le slide lock, l’interrupteur au-dessus de la détente, puis tirer la culasse le plus en arrière possible. Une fois en arrière il va falloir lever l’arrière de la culasse pour sortir ses rails des glissières du bloc détente, elle va de se fait se retrouver inclinée par rapport au reste de la frame. Il ne reste qu’à la ramener en avant pour la sortir du canon et du ressort de rappel.

On peut ensuite retirer le ressort de rappel qui n’est pas particulièrement maintenu en place par quoique ce soit puis faire de même avec l’ensemble canon interne/externe. Pour cet ensemble il va falloir y mettre un peu de volonté que ce soit pour le retirer ou l’insérer, le canon interne étant verrouillé en place via une gorge sur sa partie arrière et une lèvre sur le joint du bloc détente. Une fois retiré il ne restera plus qu’à faire coulisser la fausse chambre vers l’avant si ce n’est pas déjà fait puis la lever légèrement côté ressort avant de faire la coulisser de nouveau et sortir le reste de la tige guide du cylindre où elle était insérée.

Voilà pour le démontage partiel, il est possible d’aller plus loin et retirer le cylindre et le bloc détente en enlevant la goupille sur l’arrière de la poignée ainsi qu’en desserrant les vis de chaque côté de la frame juste derrière le slide lock. Il restera à retirer la vis cruciforme du bloc détente puis la partie supérieur du mécanisme du slide lock en dévissant la vis plate et à faire sauter la petite pièce plate se trouvant en dessous, le slide lock en lui-même devrait alors glisser tout seul et il ne restera plus qu’à sortir les deux ensemble de la frame.

Pour le remontage c’est la même chose dans l’autre sens comme vous pouvez vous en douter. Pour ces opérations un point est assez sensible à mon sens : la culasse demande finesse et doigté pour être retirée ou se mise en place correctement, les rails sont assez fins et semblent fragiles, si ça coince il ne faudra surtout pas forcer mais recommencer l’opération en s’assurant que tout est bien aligné.

Malgré sa complexité apparente, ce Glock proposé par MGC a été un gros pas en avant pour les répliques à gaz et a fini par être un énorme succès commercial pour l’époque. D’ailleurs MGC ne s’est pas arrêté là et a proposé toute la famille Glock avant de tenter sa chance sur d’autres modèles. Malheureusement on reste rarement la référence éternellement, finissant toujours par se faire rattraper par la concurrence voir même dépasser et dans l’ombre de MGC un autre fabricant préparait un gros coup pour bousculer à son tour le monde des répliques de poing à gaz.


Beretta M92FS Western Arms, la révolution

« Il n’est pas mal ce Glock mais il y a surement moyen de faire mieux. » C’est ce que les gens de chez Western Arms ont dû se dire avant de sortir leur M92FS « Blow Back model«  en décembre 1993 avec leur tout nouveau système Super Blow Back qui sera renommé par la suite Magna. Et là où MGC offrait un Glock somme toute abordable, WA propose son Beretta à 19000¥ prix fabricant ! D’ailleurs MGC a contre-attaqué quelques mois après en sortant à leur tour un M92FS avec leur nouveau système Hyper Blow Back qui est une variante de la mécanique qu’avait proposé Western Arms mais pour 17800¥, une aubaine si vous voulez mon avis.

Là encore j’ai la boîte originale et son intérieur en polystyrène qui a tenu. Par contre, il manque tous les accessoires : le BB Loader comme les billes mais j’ai le manuel dans son emballage, quel luxe. On ne va pas s’éterniser plus longtemps sur du carton, du polystyrène et du papier alors place au plastique !

C’est tout de même plus consistant

Je peux d’ores et déjà vous dire que niveau matériau ce M92FS valait son prix : on est loin, très loin des plastiques utilisés sur le Glock MGC… Bon pas trop loin non plus parce que ça reste du bon polymère des familles mais le rendu est largement au dessus et pour l’époque, ça devait vraiment être quelque chose sachant que le plastique « Heavy Weight » n’était pas encore d’actualité. On a un belle impression de métal, les marquages globalement réalistes sont gravés finement, la réplique fait son poids même sans chargeur inséré et la manipulation est vraiment fluide qu’il s’agisse du mouvement de la culasse ou des contrôles.

Le chargeur est plus classique et bien moins réaliste que ceux proposés par MGC sur le Glock ou même leur M92FS. On a ici une fenêtre pour voir le nombre de billes restantes mais il ne sera pas possible de l’utiliser pour garnir le chargeur car la fente est trop fine pour y laisser passer une bille. La réserve de gaz est intégrée au chargeur et non plus dans un réservoir à part, la valve de remplissage se trouve là où on l’attend : au niveau du talon de chargeur.

Vous l’aurez compris, on a devant nous quelque chose de conventionnel, en tout cas vis-à-vis des GBB actuels. Enfin presque, il y a un défaut sur ce chargeur et pas de moindre : les lèvres font partie du corps et sont en métal. Pour tout ceux qui ont eu des chargeurs similaires, notamment sur des répliques KSC, vous savez à quel point ce genre de conception ne pardonne pas : une chute et vous êtes bon pour remplacer l’intégralité du corps du chargeur… enfin vu la galère que c’est, racheter un chargeur sera une meilleure option. Petite subtilité sur les chargeurs Western Arms : il existe une plaque qui peut coulisser vers le haut pour maintenir la valve de percussion ouverte.

B B U : Blow Back Unit

L’évolution majeure se trouve ici dans le choix de séparer la mécanique sur la culasse et la frame :

  • Côté frame on va garder tout ce qui est mécanisme de détente, marteau et percuteur
  • Sur la culasse on va y déplacer le cylindre qui va évoluer et changer drastiquement de forme

Bon on y reviendra sur la comparaison des deux systèmes mais s’agissant ici d’un M9/92FS, la mécanique est bien différente d’un striker comme le Glock. De ce fait, ce M92FS Western Arms a un marteau et doit donc gérer la simple et double action lorsque la détente est pressée. La sécurité des Beretta se trouvant sur l’arrière de la culasse, une partie de sa mécanique s’y trouve aussi mettant un peu à mal la séparation dont j’ai parlé précédemment… on va faire avec.

Là où la frame du Glock MGC était simple car vide, ici ce n’est pas vraiment le cas. Au delà des mécanismes du marteau ou du blocage de la détente, celui qui gère le percuteur et sa déconnexion lors du cycle s’est complexifié même si le fonctionnement est similaire : un renfoncement dans la culasse vient appuyer sur la tringlerie de détente pour la déconnecter du percuteur. Le fonctionnement étant identique, la mécanique possède de ce fait le même défaut : si l’utilisateur relâche sa pression sur la queue de détente pendant le cycle (et avant la déconnexion) cela va couper le flux de gaz et peut provoquer des incidents de tir. Pour le montage et le démontage, l’opération est similaire à celle d’un vrai 92FS ou des autres répliques de M9 qui ont suivi : appuyez sur le bouton à sur la droite, baisser le levier sur la gauche et la culasse cherra.

L’ensemble canon interne/externe n’est plus un bloc solidaire mais deux sous-ensembles : le canon externe tout en plastique qui va reproduire ici celui d’un 92FS et son fonctionnement typique puis le canon interne avec son bloc. Une fois de plus pas de système Hop-Up sur ce modèle, le joint est uniquement là pour maintenir une bille chambrée et assurer l’étanchéité pour que le gaz puisse la propulser correctement. Western Arms finira par en proposer un, réglable qui plus est, sur leur Desert Eagle .44 de 1995.

On arrive sur des changements conséquents avec la culasse qui intègre la nouveauté de ce système Super Blow Back : le Blow Back Unit. On va revenir plus en détail sur le BBU par la suite, concernant le reste de cette culasse de M92FS, elle intègre le mécanisme de sélecteur pour la sécurité, le fameux renfoncement qui va appuyer sur la patte de la tringlerie de détente pour la déconnecter du percuteur et les rails intérieurs pour guider le canon externe. Il y aussi un renfort en métal sur l’avant de la culasse dans lequel viendront se loger le ressort et le guide de rappel.

Nous y voilà enfin, le Blow Back Unit ! Il est constitué comme vous le savez si bien du Blow Back Housing et du Nozzle. Et comme si ça ne suffisait pas, à l’intérieur du Nozzle lui-même se trouvent de plus petites pièces à savoir la Floating Valve, son ressort et son guide. Le Blow Back Housing ou plutôt le piston comme il est indiqué sur la liste des pièces, ne requiert pas plus de pièces pour fonctionner ici contrairement aux répliques plus récentes qui lui greffent une tête de piston : là il y a juste un gros cylindre complètement vide.

Voilà d’où l’architecture de la majorité des GBBs modernes provient. Bon nombre d’entre-vous savent déjà comment leur interne fonctionne mais on va profiter d’avoir ce spécimen démonté pour faire une piqûre de rappel pour les uns et une découverte pour les autres. Et ça préparera le terrain pour le comparatif qui arrive par la suite. Encore une fois on va partir du moment où la détente vient d’être pressée mais cette fois-ci je vais abréger sur la partie mécanique et concentrer l’attention sur le BBU vu que c’est ici que se situe la différence majeure entre les deux systèmes.

Lorsque la détente est actionnée et la valve du chargeur percutée, le gaz va partir en direction du Nozzle grâce à la Gaz Route du chargeur. À l’intérieur de ce dernier, la Floating Valve est maintenue en position arrière car le Nozzle est en contact avec la bille chambrée dans le canon, le gaz va alors prendre le chemin vers l’avant du Nozzle et propulser la bille.

Une fois celle-ci partie, la Floating Valve va revenir en avant poussée par son ressort et rediriger le gaz vers l’arrière du Nozzle et dans le Piston. Le volume composé par les parties cylindriques que sont l’intérieur du Piston et l’arrière du Nozzle va se remplir de gaz et finir par pousser le Piston en arrière et avec lui la culasse. Le Nozzle restera en place avant d’arriver en butée sur les deux pièces gris/vert dans les rails intérieurs sur l’arrière de la culasse ou d’être tiré par le ressort si le gaz est coupé avant ça.

La culasse va finir par passer sur la partie responsable de la déconnexion de la tringlerie qui va alors couper l’alimentation en gaz, le Nozzle va être ramené vers le Piston grâce au ressort qui les connecte et la culasse va revenir en avant poussée par le ressort de rappel et avec elle le BBU. En revenant vers l’avant le Nozzle va chambrer une nouvelle bille, poussant la Floating Valve vers l’arrière et réinitialisant le système qui sera prêt pour un nouveau cycle.

Je n’arrive pas à me décider si je trouve ça plus simple parce que je suis habitué à ce design ou si c’est parce que celui proposé par MGC était vraiment invraisemblable. C’est fou de se dire que moins de trois années se sont écoulées entre la sortie des deux systèmes. Toujours est-il que Western Arms a « plié le game » et imposé son système comme un nouveau standard qui évoluera petit à petit à force d’être copié ou imité par d’autres marques, Japonaises ou non. Maintenant qu’on a pu étudier les deux systèmes en long en large et en travers, il est temps de prendre un peu de recul sur tout ça.


L’évolution du système blowback

Ok on arrive enfin à ce qui m’a motivé à explorer ce sujet : comparer les systèmes et voir les changements qu’ils ont apporté. Et comme comparaison « moderne » je vais utiliser mon Glock 17 Gen3 Tokyo Marui parce que j’ai que ça sous la main et on a un truc qui est la suite logique de ces deux modèles que j’ai présenté mais aussi la base de beaucoup GBB récents.

Mais ça serait mieux avec un GBB [KSC/WE/KJW/VFC/GHK/SRC/etc] plus récent, pourquoi tu compares pas avec ça ?

Parce que j’en ai pas sous la main Timmy, sinon j’aurais ajouté mon Glock 45 VFC au comparatif. Mais bon dans toutes les marques citées la seule qui a tenté une approche réellement différente dans la conception d’un GBB est GHK avec le BBH directement intégré et moulé dans la culasse pour y caser un énorme cylindre semblable à celui d’un GBBR. Le reste c’est globalement la même chose qu’un G17.3 Tokyo Marui, à quelques détails près naturellement.

Dans la même veine, ça aurait été cool d’avoir les premiers 92FS/M9 GBB Marui pour la comparaison mais je n’ai pas argent illimité et ça prend de la place ces bêtises. Bref maintenant que cette mise au point est faite, on attaque ?

Cylindre vs Blow Back Unit

L’approche cylindre était évidente vis-à-vis de l’époque que ce soit pour les répliques longues ou celles de poing. Tazō Kobayashi est parti d’une feuille blanche, en regardant ce qu’il se faisait sur les autres répliques à gaz, avec ou sans Blow Back mais aussi en s’inspirant de l’arme à feu qu’il tentait de reproduire. Le choix d’un striker comme le Glock était non seulement dangereux commercialement parlant, les joueurs étaient surtout habitués aux répliques de pistolets semi-automatique à marteau, mais aussi une bonne idée techniquement parlant car la mécanique est bien plus simple et fiable.

Et s’il faut reconnaître que le système est une belle trouvaille et offrait un très bon rapport performance/fiabilité pour l’époque, il n’en est pas moins tiré par les cheveux particulièrement pour le démontage où de mon côté j’ai peur d’exploser la culasse à chaque fois que je tente de la retirer. Qui sait si Western Arms ne leur avait pas volé la vedette peut-être que le système aurait continué d’évoluer, corrigeant ses défauts et serait devenu un standard sur le marché des GBBs.

Mais la réalité est tout autre, même MGC a fini par adopter l’architecture Blow Back Unit sur leurs répliques de poing à partir de 1994. Et il y a une raison derrière tout ça car c’est une pépite ce système, alliant simplicité (toute proportion gardée) et réalisme : le Nozzle se comportant comme une balle qui propulse la culasse vers l’arrière, la Floating Valve permettant de répartir le volume d’air entre la propulsion de la bille et le mouvement des pièces, le reste reproduisant fidèlement le cycle d’un véritable pistolet semi-automatique. D’ailleurs j’avais mentionné sur les deux répliques des problèmes au niveau de la coupure précipitée de l’alimentation en gaz si l’utilisateur relâche la détente avant la déconnexion du percuteur, ce souci là a fini par être résolu sur les sorties suivantes et le Glock 17 Tokyo Marui attend bien la déconnexion de la tringlerie pour ramener le percuteur en arrière même si on a lâché la détente depuis un moment.

D’ailleurs en parlant du Glock 17 TM, on peut voir dessus les évolutions qu’a connu le système depuis : le Piston s’est complexifié, intégrant les guides et butées précédemment situés dans les glissières de la culasse dont un nouveau guide en son centre surmonté d’un joint pour accompagner la course du Nozzle, cédant à ce dernier le rôle de gérer le volume d’air. La Floating Valve a changé de forme et son fonctionnement a aussi quelque peu évolué mais le principe reste globalement le même.

Quand on se dit que les Glock Marui sont sortis début 2000 et qu’ils n’ont pas réussi à grandement améliorer la recette depuis, qu’il s’agisse d’eux ou d’autres fabricants c’est dire. Alors rangez vos fourches je ne dis pas que c’est la même chose qu’en 1993 loin de là, il y a eu des évolutions mineurs et quelques changements ici et là mais la différence n’est pas aussi flagrante qu’entre les systèmes MGC et Western Arms. Tout ça pour dire que le système Super Blow Back ou devrais-je dire スーパー ブローバック est bien né et qu’il a bel et bien été révolutionnaire, tellement que plus de 30 ans après on a difficilement trouvé mieux.

L’évolution du bloc détente

Le bloc détente ou Chamber Block comme il est désigné sur le manuel Glock 17 MGC est un sacré morceau, pas forcément compliqué mais central et assurant bon nombre de fonctions, gérant à la fois la détente bien évidemment mais aussi de rôle de chambre en localisant le canon et la fausse chambre. On y trouve aussi la sécurité de détente et le verrouillage de la culasse et enfin c’est sur ce bloc que viennent se loger l’arrêtoir de culasse ou le ressort de rappel. Ça fait beaucoup pour un bloc « détente ».

Le M92FS remet l’église au centre du village avec un bloc qui gère la détente et ce qui tourne autour. Bon évidemment y il y aussi d’autre fonctionnalités qui gravitent autour genre le verrouillage de la culasse ou son arrêtoir en fin de tir mais c’est tranquille ça, de même pour les glissières guidant la culasse mais c’est pareil sur l’arme répliquée donc je ne vais pas me plaindre de ça. Ce que je veux dire par là c’est que le bloc n’est plus aussi primordial que ce qu’il pouvait être sur le Glock MGC où il assurait beaucoup trop de choses pour son propre bien.

Et Tokyo Marui a continué sur cette lancée avec son Glock 17.3, imitant les deux modules qui composent la frame du Glock : le Locking Block et le Trigger Mechanism Housing. Là encore la majorité des fabricants ont emboîté le pas, le design étant plus simple et réaliste de facto plus facile à concevoir.

Les ensembles canon interne/externe

Ici encore beaucoup de chemin a été parcouru entre 1991 et 1993 et pas tant entre 1993 et 2003. Bon j’exagère le Hop-Up réglable est apparu ce qui n’est vraiment pas négligeable. Mais dans le design le M92FS de Western Arms pourrait recevoir un Hop-Up, à minima un fixe là où côté MGC ça va être compliqué de mettre quoique ce soit sans qu’il s’agisse d’une solution propriétaire.

D’ailleurs j’ai toujours pas réussi à sortir le canon interne de l’externe sur le Glock MGC, trop peur de casser un truc en forçant comme un forcené. Là où l’indépendance des canons externe et interne de la réplique Western Arms évite toute question ou nœud au cerveau, même le bloc du canon interne est simple à démonter : une goupille et on en parle plus. Pour celui du Glock Tokyo Marui il va falloir retirer l’ensemble canon interne/bloc Hop-Up du canon externe, ça se fait facilement en forçant un peu. Par curiosité j’ai regardé le manuel d’un M9 Tokyo Marui et là encore faut le retirer avec un peu de persuasion. Et pour démonter le bloc Hop-Up c’est pas une goupille mais une poignée de petites vis avec une tête très fine qu’il sera facile de foirer… enfin je ne dis ça mais ça ne m’est bien évidemment JAMAIS arrivé. Jamais non.

Les culasses

D’un côté (MGC) on a du vide, de l’autre (Western Arms, Tokyo Marui) il y a du monde au balcon.

Le fait que la culasse du Glock 17 MGC soit dépourvue de tout module, hormis le boitier métallique sur l’arrière où se trouve les glissières du bloc cylindre et la tige qui se loge dans le piston qui ne vont pas trop alourdir l’ensemble, on se retrouve avec quelque chose de léger qui ne requiert pas trop de gaz afin d’être actionné d’où sa faible consommation de gaz et son autonomie élevée pour l’époque. Bon par contre je vais me répéter mais c’est toujours aussi effrayant à démonter.

Alors que ce qu’a réalisé Western Arms sur son M92FS et qui a été récupéré par la suite par bon nombre de fabricants est déjà plus réaliste et bien plus simple à démonter ce qui n’est pas négligeable surtout quand il faut retirer la culasse pour régler le Hop-Up comme sur le G17.3 Marui. Bon depuis sur beaucoup de modèles TM on peut le faire depuis l’ouverture dans la culasse et VFC a même trouvé le moyen d’intégrer ça dans le ressort de rappel, quel pied !

Les chargeurs

Là aussi y a une évolution notable, en bien comme en moins bien. Le point le plus évident est l’aspect réaliste du chargeur de Glock MGC qui a fini par disparaître chez les autres fabricants. Et je parle du Glock mais la plupart des répliques proposées par MGC comme le M92FS que j’ai mentionné ça et là avaient ce gimmick. On a l’impression d’avoir un véritable chargeur de Glock en main, en omettant la partie supérieure avec les lèvres et le Gaz Route bien évidemment. À cause de cette conception le stockage de gaz se fait dans un petit réservoir ce qui est correct pour la consommation de ce Glock mais avec un design moderne l’autonomie serait décuplée.

Le réalisme a été mis en retrait chez les deux autres fabricants nippons au profit des coûts et de la jouabilité. Western Arms a donc tenté une autre approche pour réduire les coûts et la complexité en proposant un corps d’un seul bloc, intégrant au passage la réserve de gaz directement dans le corps du chargeur et ça c’était bien vu de leur part. Bon ça ne suffira pas à masquer le défaut énorme que sont les lèvres de chargeurs en métal faisant partie intégrante du corps faisant que si on venait à les endommager, c’est vite la misère. Une fois n’est pas coutume, ils feront évoluer leur design et intégreront des lèvres en plastique sur les chargeurs de leur Desert Eagle .44 inspirant de nombreux autres fabricants comme Tokyo Marui sur son Glock 17.3.

Autre compromis au profit du réalisme fait par le Glock MGC, la rampe des billes se trouve dans la coque de chargeur et il n’y a pas de fenêtre permettant de voir le nombre de billes restantes, ce qui d’un point de vue jouabilité n’est pas fou il faut le reconnaître. Chez Western Arms on a préféré retourner sur ce que beaucoup d’autres répliques de toutes tailles ont proposé par le passé avec la fenêtre sur la face avant du chargeur, cette même fenêtre qui finira par aussi permettre de garnir le chargeur en billes plus facilement.

Je n’ai toujours pas trouvé de moyen de démonter le chargeur du Glock 17 MGC malgré maintes tentatives et consultations du manuel, ça reste pour le moment une énigme pour réussir à accéder à ses entrailles sans casser une pièce. Même sur YouTube la plupart des vidéos qui parlent de ce Glock peinent à trouver comment les démonter, c’est pour dire ! C’est déjà plus simple avec la conception du M92FS Western Arms et ses deux goupilles pour retirer le talon et encore plus sur le Glock Marui où il est simplement retenu pour une longue vis cruciforme.

Par contre une chose n’aura pas changé sur les trois chargeurs : le positionnement des entrées et sorties du gaz à savoir : la valve de remplissage sur la partie inférieure et autour du talon de chargeur, la valve de percussion sur la partie arrière en position haute en enfin le Gaz Route au milieu de la face supérieure. Et hormis quelques fabricants qui placent la valve de remplissage juste en dessous de la valve de percussion, cette architecture partagée par les 3 GBB est toujours d’actualité.

35 ans plus tard

Le Glock 17 MGC ressort souvent comme étant le GBB qui a amené un changement, moi-même je suis coupable de l’avoir présenté comme tel dans mon article sur l’airsoft au Japon. Et s’il est vrai qu’il a été une avancée majeure pour la plateforme et l’un des premiers gros succès niveau GBB, la véritable révolution a été ce M92FS et son système Super Blow Back que Western Arms fera évoluer sous la désignation Magna. Mais face à la nouveauté que représentait la plateforme Glock en airsoft, il n’est pas étonnant que cette réplique de Beretta pourtant au-dessus techniquement parlant n’ait pas rencontré le même succès que le GBB de MGC qui est toutefois loin d’être mauvais.

Ceci dit, Western Arms aura sa revanche sur MGC par la suite avec le départ de Tazō Kobayashi juste après la sortie du Glock 17 afin de créer sa marque Tanio Koba puis la faillite du fabricant de Model Guns quelques années après. En 2026, Western Arms existe toujours et continue de produire ses répliques de 1911, 2011 et Beretta (sous licence !) avec une qualité de fabrication et une finition sans pareil. Qui plus est, l’écrasante majorité des GBBs auront hérité des caractéristiques du M92FS, certes avec des améliorations et changements ça et là.


Voilà qui conclut ce long article, je pensais faire un truc plus court au début mais je me suis pris au jeu. Je suis très content d’avoir réalisé cet exercice mi-review/mi-cours d’histoire, ça va dans la continuité de mon article sur l’airsoft au Japon et de mon intérêt pour comprendre d’où vient la discipline et la direction qu’elle prend. Je voulais aussi parler du M-59 Tokyo Marui mais après avoir consulté la vieille overview d’hyperdouraku je me suis dis que si je venais à le démonter ce serait plus ou moins définitif vu l’engin.

Par la suite, j’aimerai bien proposer des articles similaires avec d’autres plateformes à commencer par l’AEG et le fameux FA-MAS F1 Tokyo Marui qui est d’ailleurs sorti en 1991 tout comme le Glock 17 MGC ! Logiquement le thème suivant pourrait être les GBBR en disséquant des M4 de chez Western Arms, Viper Tech, WE, GHK et VFC. Je pourrais aussi ajouter une M4 ZET Tokyo Marui dans le mix mais ça me parait un peu moins pertinent vu que la mécanique est différente. 

J’ai aussi envie de jeter un œil aux répliques de fusil à verrou avec le légendaire APS-2 que je comparerai bien avec la plateforme VSR-10 Tokyo Marui et le récent TAC-41 de Silverback. Et enfin pourquoi pas tenter le parallèle entre une réplique utilisant l’illustre système Type BV et un système HPA moderne, on peut probablement apprendre une chose ou deux ici aussi. Bref les idées ne manquent pas mais ça attendra mon retour en France.

C’était une nouvelle fois RedHot depuis Kyōto, probablement pour la dernière fois avant un moment. À la prochaine les gens !

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